Comment ça marche ?

Ce calculateur permet d’estimer les émissions de gaz à effet de serre (CO2e) par passager équivalent pour un ensemble de destinations concernant la France. Il prend en compte les destinations au départ des aéroports français, quelle que soit la compagnie effectuant les vols.

 

Méthode

Evaluation des émissions de CO2

Depuis plusieurs années, la DGAC (Direction générale de l’aviation civile) réalise le calcul des émissions de CO2 imputables à l’activité de l’aviation commerciale en France à l’aide du calculateur TARMAAC (Traitements et Analyses des Rejets éMis dans l’Atmosphère par l’Aviation Civile).

TARMAAC est un outil développé par la DGAC en coopération avec le CITEPA (Centre Interprofessionnel Technique d’Etudes de la Pollution Atmosphérique), notamment utilisé pour établir l’inventaire des émissions du trafic aérien de la France dans le cadre des engagements pris lors du protocole de Kyoto (niveau national).

TARMAAC s’appuie sur des méthodes internationales utilisées pour les inventaires d’émissions1, sur la base des émissions moteurs de l’OACI et sur des données de trafic réelles allant jusqu’au vol à vol (type avion, motorisation, chargement en passagers, fret et poste, temps de roulage, etc.).

Ainsi, pour chaque mouvement, TARMAAC estime la distance orthodromique entre chaque plateforme à partir de ses coordonnées géographiques et applique différents coefficients de consommation et d’émissions (fonction du type avion et du type moteur) sur chaque phase du vol modélisé (sol, montée, croisière descente, approche, sol).

Les coefficients sont issus de bases de référence et de méthodes connues (MEET, base OACI), complétées par des opérations de recalibrage avec des données de consommation réelles de compagnies partenaires.

Les émissions prises en compte étant celles liées aux vols commerciaux qu’ils soient passagers, cargo ou postaux, le trafic est analysé sous le même périmètre. Aussi, les valeurs unitaires (émissions par unité de trafic), qui permettent de quantifier notamment l’évolution de l’efficacité énergétique sont évaluées en prenant la totalité du chargement (passagers + fret + poste). L’unité employée est alors le « passager-équivalent-kilomètre-transporté » (PKTeq), avec l’équivalence 100 kg de fret ou de poste = 1 passager.

 1 Meet : Methodologies of Estimating air pollutant Emissions for Transport – voir Kalivoda M.T. & M. Kudrna (1997) : Methodologies for estimating emissions from air traffic).

Passer des émissions de CO2 aux émissions de gaz à effet de serre (CO2e)

La quantité de gaz à effet de serre émis lors de la phase amont (production et distribution du carburant) et de la phase de vol peut être correctement évaluée à partir de la quantité de CO2 émise en vol : la quantité de gaz à effet de serre s’obtient, dans le cas particulier des carburants Jet A1 et Jet A, en multipliant les émissions de CO2 de la phase de vol par un facteur 1,22.

Dans le détail :

a. pour la phase de vol, on obtient les émissions de gaz à effet de serre (en CO2e) en multipliant  la quantité de CO2 émise en vol, issue du calcul de TARMAAC par la DGAC, par un facteur 1,01 (ce facteur inclut la contribution du protoxyde d’azote N2O ; celle du CH4 est négligée car inférieure à 0,1%) ;

b. pour la phase de production et de distribution du carburant, conformément aux facteurs d’émissions définis par l’ADEME, on obtient les émissions de gaz à effet de serre (en CO2e) en multipliant  la quantité de CO2 émise en vol par un facteur 0,21.

A titre d’illustration, pour 1 kg de CO2 émis en vol :
-  Gaz à effet de serre émis en vol : 1,01 kg de CO2e
-  Gaz à effet de serre émis en phase amont : 0,21 kg de CO2e
-  Gaz à effet de serre émis sur l’ensemble des phases, amont et vol : 1,01+0,21 = 1,22 kg de CO2e

 

Carburants

Le carburant utilisé pour les turboréacteurs (aviation commerciale) est le Jet A1.

Les facteurs d’émissions pour convertir une quantité de carburant utilisée lors de la phase de vol (exprimée en litre)  à la quantité de gaz à effet de serre émise lors des phase amont et de vol (exprimée en CO2e) sont ceux déterminés par l’ADEME et mis à jour régulièrement dans la Base Carbone®:

Nature de la source d’énergie
Type détaillé de la source d'énergie
Facteur d'émission
en kg de CO2e
par litre consommé en vol
Phase amont Phase de vol Total
Carburant aéronautique
Kérosène (Jet A1 ou Jet A)
0.53 2.545 3.075

 

Le Jet A1 est un kérosène doté d’un point éclair supérieur à 38 ºC et d’un point congélation maximal de -47 ºC.

Son utilisation en aviation s’explique d’une part par son pouvoir énergétique élevé (43 MJ/kg) ce qui permet, à masse de carburant embarqué fixée, de disposer d’une autonomie supérieure à celle obtenue avec de l’essence.

Cette utilisation s’explique d’autre part par son point de congélation très bas permettant d’atteindre l’altitude optimale de croisière (près de 11 km) où la température extérieure est proche de -60°C.